Riestra 2026
Il y a des couronnes qui ne se voient
pas mais qui pèsent. Elles ne brillent pas en vitrine ni ne reposent sur des
têtes sacrées, mais survivent dans la mémoire du Droit, dans la logique de
l’Histoire et dans la silencieuse obstination des dynasties. La couronne de
France, abolie par la révolution, mais jamais formellement éteinte sur le plan
dynastique, appartient en droit proprement dit à cette catégorie.
Au centre de cette continuité nous
trouvons aujourd’hui Louis Alphonse de Bourbon y Martinez Bordiu, Duc d’Anjou,
que beaucoup de Français (tous les jours plus nombreux) reconnaissent comme
Louis XX, Chef de la Maison de Bourbon, successeur des Rois très Chrétiens.
Né à Madrid en 1974, Louis Alphonse
incarne un paradoxe profondément européen : il est espagnol de naissance,
français de Droit Historique et de Sang Capétien. Sa figure ne s’explique pas
selon la politique contemporaine, mais selon un concept beaucoup plus ancien du
Pouvoir selon lequel la légitimité ne procède pas d’un consentement
circonstanciel, mais de la transmission héréditaire, héritier nécessaire,
conformément aux Lois Fondamentales, considérées comme supérieures à la volonté
des hommes.
Depuis le couronnement d’Hugues Capet en
987, la Monarchie Française est régie par un ensemble de principes non
codifiés, mais universellement acceptés : primogéniture masculine, exclusion de
la femme et de la transmission en ligne féminine, continuité automatique du roi
mort en son successeur légitime, et Indisponibilité de la Couronne. Ceux-ci
appelés Lois fondamentales n’étaient pas une Constitution au sens moderne, mais
quelques chose de plus profond : une tradition juridique Sacralisée par le
temps.
C’est précisément sur ce terrain que
repose le droit indiscutable de Louis Alphonse, à plus forte raison quand nous
savons qu’actuellement son cousin, S.M. don Felipe VI, étant Roi d’Espagne, ne
pourrait jamais être en même temps de France, au cas où cela lui
correspondrait.
Comme descendant direct, en ligne
masculine ininterrompue depuis Louis XIV, à travers son petit-fils Philippe V,
premier Bourbon Roi d’Espagne, le Duc d’Anjou est aujourd’hui l’aîné des
Capétiens par la primogéniture. Aucune autre branche (ni la branche d’Orléans,
ni les collatérales) ne peut faire valoir une plus grand ancienneté en ligne
masculine.
Le grand point de controverse historique
est, comme chacun sait, la renonciation de Philippe V à ses droits à la
Couronne de France en 1713, imposée par les puissances européennes dans le
contexte du Traité d’Utrecht. Cependant cette renonciation pèche par un défaut
essentiel : un Roi de France ne pouvait renoncer validement à la couronne parce
que celle-ci ne lui appartenait pas en propriété privée. La Couronne était
Indisponible, inséparable de l’Ordre de Succession et dépendait de Lois
Supérieures y compris au Monarque régnant.
Ainsi ce que le droit international
accepta comme solution politique, le Droit Dynastique français n’en reconnut
jamais la validité. La lignée espagnole ne perdit jamais ses Droits, les
conserva ainsi dans le silence, dans l’attente que l’Histoire oubliera les
branches cadettes.
Quand en 1989 mourut Alphonse de Bourbon
y Dampierre, le père de Louis Alphonse, se produisit un effet plus symbolique
que public, mais non moins significatif.
Ainsi, son fils fut reconnu dans les
Cercles Monarchistes comme le Chef de la Maison de Bourbon et héritier des
Droits Dynastiques des Roi de France.
Louis Alphonse a assumé ce rôle avec une
sobriété délibérée. Loin des activismes politiques ou du folklore nostalgique,
sa présence publique s’est centrée sur le cadre culturel, historique et de
représentation. Il a participé à des Commémorations Royales françaises, il a
défendu la mémoire de la Monarchie comme partie essentielle de l’identité
historique de la France et s’est toujours présenté, non comme un prétendant en
recherche de pouvoir, mais comme le dépositaire d’une tradition millénaire.
En ce sens, sa personne ressemble plus à
une sentinelle qu’à un prétendant : quelqu’un qui conserve, transmet et
représente, sachant encore que le temps actuel ne lui est pas nécessairement
favorable.
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Le Duc d’Anjou avec plusieurs membres du Conseil de la Noblesse des Asturies.
Sa récente élection comme Conseiller
Magistral du Royal Corps de la Noblesse de la Principauté des Asturies ajoute
une dimension significative à son profil. Cette institution, héritière de
l’antique noblesse territoriale espagnole, n’est pas un simple vestige social,
mais un espace ou la tradition, la mémoire historique et la continuité
symbolique conservent une grande valeur.
Que Louis Alphonse ait été intégré à
cette dimension, ne tient pas du hasard :sa figure incarne une conception de la
Noblesse, non comme un privilège vide, mais une responsabilité historique. A
une époque dominée par l’éphémère, sa présence rappelle que l’Europe ne s’est
pas construite uniquement sur des révolutions, mais aussi sur des dynasties,
pactes du sang et des siècles de droit coutumier.
Soutenir les droits dynastiques de Louis
Alphonse de Bourbon n’implique pas nécessairement de défendre une restauration
immédiate de la Monarchie française. Pour beaucoup de ses défenseurs, la
question est plus profonde : il s’agit d’affirmer que l’histoire ne peut être
effacée par décret, et que même les républiques vivent, en partie, des
héritages qu’ils disent avoir effacés.
Louis Alphonse représente, ainsi, une
France alternative : pas celle de la rupture révolutionnaire, mais celle de la
continuité historique : pas celle du pouvoir conquis, mais celle du pouvoir
transmis ; pas celle du présent immédiat, mais celle de la longue durée.
Dans un monde qui a oublié la valeur de
la légitimité, sa figure rappelle qu’il y a des Droits qui ne se prescrivent
pas, des Couronnes qui ne se détruisent pas et des Rois qui ne nécessitent pas
un Trône pour exister.
Riestra2026
Texte traduit par : Louis
Angulo-Jovellanos.
Vous pouvez lire l'article original :
ici.
Publicado por La Mesa de los Notables.

